Tour pédestre des Flandres · Étape 27 sur 32
Koewacht – Overslag
Aujourd'hui, vous entendrez surtout le vent, les vanneaux et vos propres pas. L'itinéraire enfile des lieux-dits où la frontière a été, des générations durant, la grande aventure : d'abord d'un sérieux mortel pendant la Première Guerre mondiale, plus tard un jeu du chat et de la souris avec la douane. Au bout vous attend Overslag, un village qui existe en double.
- Distance
- 18,1 km
- Temps de marche
- ±4½ h
- Départ
- Koewacht
- Arrivée
- Overslag
Étape 27 sur 32
L'étape sur la carte
Le reste du Tour pédestre des Flandres apparaît en teinte plus claire, pour situer l'étape.
En chemin
Depuis Koewacht, vous plongez dans les polders, où la frontière court à travers le paysage comme une ligne pointillée tracée à la va-vite. Zuiddorpe est le seul vrai village du parcours ; ensuite, les lieux-dits prennent le relais, avec des noms qui sonnent comme les notes d'un géomètre : Kruisstraat, Rode Sluis. Ce que vous voyez est tout ce qu'il y a : des champs, des saules têtards, un tracteur au loin. C'est justement ce vide qui rend les histoires de cette terre si palpables.
À partir de 1915, le fil de la mort (dodendraad) a coupé la région en deux : une barrière électrifiée de l'occupant allemand le long de toute la frontière belgo-néerlandaise, sur plus de trois cents kilomètres, avec deux mille volts sur des fils qui changeaient sans cesse. Le fil électrifié a coûté la vie, selon les estimations, à quelque cinq cents personnes, et pourtant des dizaines de milliers ont tenté la traversée, avec du matériel isolant ou une sentinelle achetée. Après l'armistice, la clôture a été démontée et réutilisée à toute vitesse. Les bornes frontières, elles, sont restées, et la contrebande s'est encore poursuivie pendant des décennies.
Overslag est un village à double vie : il y a un Overslag néerlandais dans la commune de Terneuzen et, juste contre lui, un Overslag belge relevant de Wachtebeke. Vous passez d'un pays à l'autre sans que rien ne change, à la couleur des boîtes aux lettres près. Pour les marcheurs, c'est là tout le charme de cette région : la frontière est partout et n'a plus d'importance nulle part. C'est exactement dans un endroit comme celui-là que votre journée se termine.
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Zuiddorpe
Le seul village d'une certaine taille aujourd'hui, avec son église comme repère dans le polder. Ensuite, le pays se vide et les routes se rétrécissent.
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Kruisstraat
Lieu-dit à un croisement de routes de polders, exactement ce que promet son nom. Ici, les endroits portent tout simplement le nom de ce qu'ils sont.
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Rode Sluis
Lieu-dit frontalier dont le nom rappelle la gestion de l'eau qui garde ces polders au sec. Les bornes frontières se trouvent à quelques pas des portes d'entrée.
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Overslag
Point d'arrivée en double : un village néerlandais et un hameau belge qui se fondent l'un dans l'autre sans la moindre couture. Cherchez la borne frontière et posez un pied dans chaque pays.
Pratique
Aller & retour
Ici non plus, pas la moindre voie ferrée : Koewacht et Overslag dépendent de maigres lignes de bus de part et d'autre de la frontière, en partie du transport à la demande. Planifiez votre retour avant de partir via 9292.nl ou delijn.be, ou garez une deuxième voiture à l'arrivée.
Manger & boire
Ne comptez sur rien et emportez tout : du pain, des fruits, de l'eau et de quoi affronter le coup de mou. Si un café est malgré tout ouvert en chemin, ce sera un bonus, pas une certitude.
Terrain
Routes de polders et chemins agricoles plats et tranquilles, quasiment sans circulation. Par temps humide, les portions non revêtues peuvent être détrempées ; le vent, lui, a toujours le champ libre.